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Les Aletiers d'art plastique
Extraits de «pratiques d'atelier»
Isabelle Sordage - 1996-2002
page 1     page 2 » + travaux d'enfants [images]
Exemple d'initiation a une pratique du son et de l'installation

Du son en arts plastiques me direz-vous, comment cela?

Si le son donne à réfléchir sur l'espace dans lequel il se produit, nous pouvons parler de sculpture. Le son, réalité physique, agit sur la matière et peut être utilisé en tant que tel. Aussi nous parlons aujourd'hui de plasticité du son lorsque nous l'appréhendons comme une matière avec laquelle il s'agit de sculpter.

Les diverses propositions d'écoute peuvent impliquer tout notre être, tant son histoire consciente, inconsciente, que ses diverses sensibilités. Mais que devient le son lorsqu'il ne fait plus référence ni à une image ni à une expérience vécue? L'écoute peut aussi être liées à une expérience de la matière ici et maintenant. Aussi parfois, pour vivre certains évènements sonores, les déplacements dans le lieu se révéleront importants. Parfois l'émergence du sens de l'œuvre peut apparaître avec l'implication consciente de «l'auditeur». Écouter n'est pas une action passive. Chacun se donnera les moyens, s'il le désire, de vivre sa propre expérience d'écoute.

Qu'est-ce que l'installation?

C'est la liberté de prendre en compte dans l'art, une dimension supplémentaire qui est la manière dont l'art est donné à être vu ou entendu. Concernant l'installation sonore, l'intérêt n'est plus d'aller en quête d'un joli son ou de plusieurs mais de comprendre ce qu'ils peuvent révéler ailleurs et autrement. L'installation est une grande liberté qui permet à l'artiste de créer du sens autrement et d'aborder des questions nouvelles.

ayoubvideo
Ayoub 1998
(13 ans)
installation vidéo
instalisa
Isabelle Sordage 1998
installation sonore évolutive

Installation sonore, installation in situ

On parlera d'installation in situ lorsque l'artiste prend en considération un lieu concret avec ses caractéristiques physiques ses paramètres architecturaux, historiques, sociaux, politiques — un lieu qui n'est pas obligatoirement destiné à l'exposition.

Ce questionnaire a été distribué comme prétexte à rencontre (initiation à l'installation et pratique du son). Chaque proposition pourra aboutir à un travail d'installation. (Ce questionnaire a été distribué à des adultes et adolescents)

Si je dis

Qu'imaginez-vous?

Quelle mise en forme du son?

Son et espace

   

Notion de temps

   

Temps réel, temps différé

   

Écoute active

   

Écoute passive

   

Paysage sonore

   

Volume sonore

   

Son inaudible (existant)

   

Silence

   

Son et mouvement

   

Son et vibration

   

Son et image

   

Illusion sonore

   

Son et vitesse

   

Abstraction sonore

   

Son et corps humain

   

A la suite du questionnaire, quelques exemples de réalisations...

"Paysage intérieur"
Andrée (14 ans)
(pour répondre à paysage sonore...)

Pour mon installation, j'ai volontairement choisi un endroit neutre et calme. J'ai donc conçu une caisse où l'on puisse entrer. Un lien étroit se crée entre nous et le son produit (mon paysage intérieur). Ma perception du son est intérieure, à l'abri des oreilles indiscrètes. Ce que je propose d'entendre dans cette caisse c'est cette écoute intérieure.

Mon paysage est presque neutre et ne dévoile mes pensées secrètes qu'à quelques personnes ; celles qui choisissent d'entendre, d'entrer dans la caisse. Mon message est très personnel, pas forcément gai. Il reflète ma face cachée, une tristesse envahissante.
Quelques mots : tristesse, amour, larmes, futur, amitié, entente avec soi-même. Une émotion nous traverse, un mot est choisi, puis un autre, les mots sont multipliés et se mêlent les uns aux autres...
Mon paysage est une succession de ces pensées que nous ne contrôlons pas. Ainsi s'est construit ma diction.


"Il y a toujours un bruit quelque part"
Ayoub (12 ans)
(pour répondre au mot silence...)

Le silence n'existe pas. Écoutez! Il y a toujours un bruit quelque part.
Si je parle doucement, on entend un autre bruit.
Bien sûr, la nature ne sait pas que quelqu'un veut parler dans le silence.

Pour mon installation je vais mettre un petit haut-parleur au bord de la Tinée, sur les galets. Il y sera enregistré mon message.
Essayez d'écouter et vous verrez que la nature ne sait pas que quelqu'un veut parler dans le silence!


"Fluide vital"
Anthony (12 ans)
(pour répondre à son et corps humain...)

La salive provient des glandes salivaires.
On est obligé d'avoir de la salive pour vivre. Quand on crache de la salive c'est quand on se débarrasse de glaires, donc de quelque chose de mauvais.
Je peux exprimer des sentiments.
J'avale ma salive si je suis ému ; quand j'ai soif la gorge est desséchée et si je suis en colère je crache. Pour les petits la salive est un jeu ; ils font des bulles. La salive c'est la vie de tout le monde.

Mon installation consistera à mettre le haut parleur et le son de salive extrêmement ralenti dans un vrai squelette. Quand on meurt la salive ne sert plus à rien, mais pour cette installation, dans ce corps mort, le son nous donne l'occasion de nous plonger la vie de nos entrailles.


"Rumeurs"
David (13 ans)
(pour répondre à écoute active...)

Dans mon installation je choisis de diffuser le son derrière une image.
Mon choix s'est arrêté sur le logo du collège.
Si vous écoutez bien, derrière ce symbole vous découvrirez certains faits qui marquent le plus le collège. Le son est parasité car il faut obliger l'oreille à entendre et à comprendre. Les scraches servent aussi à nous éloigner quelques secondes.
Le sens de la phrase est perturbée car nous perdons des mots, ce qui oblige à tout reprendre pour arriver à la compréhension.

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